En Ouganda, le Parlement valide la loi anti-LGBT et la peine de mort pour “homosexualité aggravée”

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Un pas en arrière pour les droits humains

L’Ouganda vient de franchir un nouveau cap dans la répression des droits des personnes LGBT. Le Parlement a en effet voté en faveur d’une loi controversée instaurant la peine de mort pour les cas d'”homosexualité aggravée”. Cette décision suscite l’indignation de la communauté internationale et des défenseurs des droits humains.

Les dispositions de la loi

La nouvelle législation prévoit une série de mesures visant à sanctionner et réprimer l’homosexualité. Parmi celles-ci :

  • La peine de mort pour les cas d'”homosexualité aggravée”, c’est-à-dire lorsque la personne est récidiviste, lorsqu’elle est porteuse du VIH ou lorsqu’il s’agit d’un acte commis avec violence, sur un mineur ou sous l’emprise de drogues.
  • Une peine minimale de 15 ans de prison pour toute personne reconnue coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec une personne de même sexe.
  • Des sanctions pour les personnes qui promeuvent ou financent des organisations soutenant les droits des homosexuels.
  • L’obligation pour les citoyens ougandais de signaler les personnes homosexuelles aux autorités.

Ces dispositions sont en totale contradiction avec les principes des droits humains et portent atteinte aux libertés individuelles.

Une loi déjà invalidée en 2014

Il est important de rappeler que cette législation n’est pas une nouveauté en Ouganda. En effet, une loi similaire avait été adoptée en 2013 mais avait finalement été invalidée par la Cour constitutionnelle en août 2014 pour vice de procédure.

Toutefois, les défenseurs des droits humains craignent que cette nouvelle version de la loi ne soit pas à nouveau annulée. D’autant plus que le contexte politique actuel semble favorable à son maintien.

Des réactions internationales indignées

La décision du Parlement ougandais a provoqué un tollé au sein de la communauté internationale. De nombreux pays et organisations ont condamné la loi, appelant l’Ouganda à revenir sur sa décision et à respecter les droits humains.

L’Union européenne a notamment exprimé sa “profonde préoccupation” face à cette législation, soulignant qu’elle constitue une violation des engagements internationaux de l’Ouganda en matière de droits de l’homme.

Les États-Unis ont également fait part de leur inquiétude, affirmant que cette loi reflète une “tendance mondiale dangereuse” visant à discriminer les personnes LGBT. Ils appellent l’Ouganda à mettre fin à ces pratiques et à garantir les droits de tous ses citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle.

De même, plusieurs organisations non gouvernementales se sont mobilisées pour dénoncer cette législation, notamment Amnesty International et Human Rights Watch. Ces organisations appellent le gouvernement ougandais à respecter les droits de l’homme et à ne pas céder aux pressions des groupes conservateurs.

Les conséquences pour la population LGBT

Cette loi constitue une menace sérieuse pour les personnes LGBT en Ouganda. Elles vivent déjà dans un climat de peur et d’intimidation, et cette nouvelle législation ne fait qu’accroître leur vulnérabilité.

D’ailleurs, depuis l’adoption de la loi en 2013, plusieurs cas de violences et d’agressions contre des personnes homosexuelles ont été signalés. Les victimes sont souvent réticentes à dénoncer ces actes, de peur de subir des représailles ou d’être elles-mêmes poursuivies par les autorités.

Il est également à craindre que cette loi n’encourage les discours de haine et la discrimination à l’encontre des personnes LGBT, tant au sein de la société ougandaise que sur la scène internationale.

Enfin, cette décision pourrait avoir des conséquences économiques pour l’Ouganda, qui risque de voir certains pays et investisseurs étrangers prendre leurs distances en raison de ces violations des droits humains.

Un appel à la solidarité internationale

Face à cette situation alarmante, il est essentiel que la communauté internationale se mobilise pour soutenir les personnes LGBT en Ouganda et dénoncer cette législation discriminatoire.

Cela passe notamment par :

  • L’octroi d’une protection et d’un soutien aux victimes de violences et de discriminations liées à leur orientation sexuelle.
  • La mise en place de sanctions économiques et politiques à l’encontre du gouvernement ougandais, tant que cette loi restera en vigueur.
  • Le renforcement des actions visant à promouvoir les droits humains et l’égalité pour tous, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Il est temps d’agir pour mettre fin à ces pratiques inhumaines et garantir la dignité de chaque individu.