Revue de presse

Mélenchonneries (1) : un représentant de la « gauche radicale » ?

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JR : Le vieux bricard veut resservir le programme « L’Humain d’Abord »comme base de sa chevauchée 2017, tout en appelant à l’amender. Comme le démontre une longue analyse de 2012 dont nous avons fait une saga qui commence aujourd’hui, son programme est inamendable. Ce n’est qu’une vieille lanterne de plus dans la quête d’un introuvable capitalisme à visage humain. Au seul bénéfice de quelques strapontins dans la Ripoublique. 

Les politiciens cru bourgeois FdG sont bien la gauche radis(cale) !  Comme l’on disait déjà avant-guerre du parti radical socialiste: « rouges dehors, blanc de dedans et toujours près de l’assiette au beurre ».

Depuis que la crise a éclaté les capitalistes redoublent de coups contre les travailleurs : plan d’austérité, blocage des salaires, chômage partiel, licenciements, travail forcé pour les Rmistes, chasse aux sans-papiers, etc. Et tout à coup, depuis janvier 2009 environ, un vieux politicien bourgeois, membre du cabinet du maire PS de Massy dès 1978, devenu sénateur du PS dès 1986, soutien enthousiaste de Mitterrand même après le fameux tournant de la rigueur, ex-ministre de Jospin le privatiseur-flexibilisateur, se met à tenir un discours virulent contre les banquiers. Certes, ce tournant avait été préparé par son courant « de gauche » au sein du PS, puis par son combat pour le non au TCE malgré l’oukase de la direction du PS. Cependant, il avait soutenu sans sourciller Royal à la présidentielle de 2007, dont le programme était pleinement capitaliste et n’a jamais renié son passé, notamment sa participation active au gouvernement Jospin. Pourtant, peu à peu, alors que la crise s’aggrave, les médias au service du patronat et de Sarkozy, ont tout à coup intronisé ce vieux politicien bourgeois, habitué des salons dorés de la République, représentant de la « gauche radicale » et le porte-parole des travailleurs en colère. Mais qu’en est-il en réalité ?

Mélenchon aux Échos :  « Les investisseurs n’ont aucune raison d’avoir peur de mon programme »1  (Les Échos du 18/03/2012)

 

Mélenchon explique que les capitalistes n’ont pas à avoir peur de son programme. Alors, de deux choses l’une : soit cela veut dire que les revendications des travailleurs et les besoins du capital peuvent être conciliés, soit cela signifie que le programme de Mélenchon est prêt à renoncer à la satisfaction de leurs revendications si elles s’avèrent incompatible avec le capitalisme. Et, en effet, il ne répond pas à des revendications essentielles des travailleurs (retour au 37,5 annuités de cotisation pour la retraite, fin du travail précaire dans le privé, interdiction des licenciements, etc). Pourquoi ? Pour ne pas faire « peur aux investisseurs »…

Cependant, Mélenchon défend en tous les cas en paroles de nombreuses mesures favorables aux ouvriers et aux employés (hausse des salaires, blocage des loyers, suppression de la précarité dans la Fonction Publique, taxation importante du capital, etc.). Mais il prétend appliquer ces mesures dans le cadre du capitalisme et des institutions actuelles quelque peu réformées. C’est illusoire ou trompeur : la simple taxation sérieuse du capital et des riches pose le problème de la fuite des capitaux, sur laquelle Mélenchon reste muet. Pourquoi ? S’agirait-il de promesses électorales nullement destinées à être appliquées. De façon particulièrement significative, alors qu’il a été capable de mobiliser des dizaines de milliers de personnes son défilé à la Bastille le 18 mars, c’est-à dire pour les élections, le Front de Gauche, tout comme les directions syndicales et le PS, ont refusé, lorsque le NPA le lui a proposé, de mobiliser les travailleurs contre le plan d’austérité Sarkozy-Fillon en novembre 2011. Pourquoi ? Parce qu’ils craignent que la mobilisation indépendante des travailleurs contre la politique d’austérité menée aujourd’hui par Sarkozy ne se retourne immédiatement contre celle de son successeur, très probablement Hollande.

Enfin, il y a une contradiction criante entre les paroles et les actes. Partout où le Front de Gauche ou des forces comparables sont ou ont été au pouvoir, ils ont gouverné contre les travailleurs : dès 1982, Mitterrand, modèle de Mélenchon, après quelques mesures sociales, a dû passer très vite au tournantde la rigueur, parce qu’il refusait de rompre avec le capitalisme ; là où Die Linke (La Gauche) a été au pouvoir dans les régions en Allemagne, il a aidé le SPD (parti socialiste) à mener sa politique de casse sociale ; dans les régions, les départements et les mairies en France, le Front de Gauche, qu’il participe ou non aux exécutifs, soutient et vote la politique capitaliste du PS. Et quand le mouvement des masses déferle posant la question de la grève générale, comme en 2010 dans la lutte sur les retraites, le Front de Gauche en appelle au référendum.

Cette discordance entre la parole et les actes prépare une terrible désillusion pour les travailleurs et la jeunesse. Afin qu’elle ne se traduise pas par un nouveau dégoût de la politique ou un renforcement de l’extrême droite, il faut dès aujourd’hui, à contre-courant, dire la vérité aux travailleurs sur les tromperies du Front de Gauche. En même temps, il faudra se battre pour mettre en place dès les premières mesures d’austérité du vainqueur des élections des comités pour les combattre, regroupant tous les partis et syndicats qui s’y opposeront, mais surtout largement ouvert aux travailleurs et à la jeunesse.

Source : http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/artpdf-343.pdf

Demain Mélenchonnerie n°2 :

Contre le retour au 37,5, Mélenchon se prononce pour les 40 annuités de cotisation !  

 

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